21 décembre 2006
Vive le débat interne...
La démocratie française a fait pour l'élection présidentielle un grand pas. Qu'il s'agisse du PS ou de l'UMP, jamais les candidatures ont été précédées de semaines intenses de débats internes afin de départager différents candidats.
Le PS est actuellement dans l'opposition et normalement dans l'opposition on se déclare plus tôt que lorsqu'on est au gouvernement:
- dans l'opposition :
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- Mitterrand en novembre 1980 en envoyant une lettre de candidature au bureau du PS
- Chirac en opposition face au Président et au Premier ministre Balladur se déclare le 4 novembre 1994 en répondant à une interview de la Voix du Nord
- dans la majorité:
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- De Gaulle rompt le suspense le 4 novembre 1965, 1 mois et 1 jour avant le 1er tour, par une déclaration à l'ORTF.
- VGE se déclare le 8 avril 1974 depuis Chamalières
- Mitterrand se déclare le 22 mars 1988, un mois avant le 1er tour, en répondant à la télévision aux journalistes
- Chirac se déclare le 11 février 2002 en répondant à une question de Mme Roig, maire d'Avignon
On perçoit donc que les gagnants des élections présidentielles doivent prendre le plus grand soin à la date, au lieu et aux conditions de leurs déclarations.
Cette année est toute différente pour une raison fondamentale: la naissance de primaires.
Auparavant, il n'y avait pas de campagne interne. Soit le candidat est déjà au pouvoir donc c'est un candidat naturel qu'il soit déjà à l'Elysée (de Gaulle en 1965, VGE en 1981, Mitterrand en 1988, Chirac en 2002) soit qu'il soit premier ministre au moment de l'élection présidentielle (Chirac en 1988, Balladur en 1995, Jospin en 2002). Le candidat naturel est généralement soutenu par son parti.
S'il n'existe pas de candidat naturel, c'est une campagne interne au parti qui départage le futur candidat. Les élections précédentes ont généralement fait apparaître un homme en mesure de gagner l'élection (Mitterrand avant 1981, Chirac en 1981 et 1988 sont les principaux exemples). Il a réussi à s'imposer dans son camp (Mitterrand face à Rocard en 1980). Rare sont les vrais battailles internes livrées par les grands partis de gouvernement. L'élection de 1995 est un exemple de bataille ouverte: Chirac et Balladur se présentent tous deux à l'élection et Jospin affronte Emmanuelli en campagne interne.
Cette année, la procédure est plus transparente. Elle intéresse plus les électeurs. Au final, elle est un réel succès. Les débats internes au PS ont réussi à intéresser les électeurs. La droit a tenté de faire la même chose et de montrer sa capacité à avoir un débat ouvert entre candidats. Ce n'est pourtant pas la tradition gaulliste de rencontre d'un pays et d'un homme/femme. Cela explique la division entre la vision de Sarkozy des débats internes et celle de Dominique de Villepin ou Michèle Alliot-Marie.
Il reste que le débat est intéressant s'il existe un enjeu! Or les français perçoivent que l'UMP a déjà fait le choix de son candidat Sarkozy. Le débat apparaît peu utile.
Au final, on peut être heureux d'une campagne qui apparaît plus démocratique que toutes les autres...
matchaps
22:55 Publié dans Actualité politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : primaires, débat interne, sarkozy, ségolène



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